Ces entreprises européennes qui gèrent les réputations des gouvernements répressifs

Le rapport publié aujourd'hui - 'Spin doctors to the autocrats: how European PR firms whitewash repressive regimes’ - par l'ONG Corporate Europe Observatory (CEO) montre comment les dictateurs et les régimes violents paient des sociétés de relations publiques européennes et des lobbyistes pour mettre leurs priorités sur le devant de la scène et pour cacher leurs violations des droits de l'homme.

CEO demande aux institutions européennes d'établir d'urgence un registre obligatoire de lobbying, une première étape essentielle vers la transparence du secteur. Les règles de transparence devraient inclure un mention précise en cas de lobbying pour les gouvernements hors de l'UE.

Le rapport inclut les études de cas suivantes:

- Rachida Dati, député européenne - une amie proche de la dictature d'Azerbaïdjan? Des cabinets de relations publiques et des groupes (actifs à Paris et à Bruxelles) travaillent sur l'image de la dictature d'Azerbaïdjan;

- Le cabinet de relations publiques européen qui gèrent la campagne électorale du président nigérian Goodluck Jonathan (élections Février 2015) pour détourner l'attention du cas 'Boko Haram';

- Un think tank à Paris, proche de l'extrême droite française, fait le relais des messages du Kremlin en France ;

- La société française, Eurofuture, qui a travaillé à Bruxelles et à Paris pour le régime répressif en Éthiopie ;

- Un regard sur les différentes sociétés de relations publiques qui travaillent à Bruxelles pour appuyer la position de la Russie (et notamment de Gazprom) sur le conflit en Ukraine;

- Les cabinets de relations publiques qui tentent de changer l'image du Rwanda et qui discréditent les détracteurs de Kagame en dépit d’accusations de l'ONU de crimes de guerre en RD Congo et l'implication du gouvernement rwandais dans la planification des attaques contre ses dissidents à l’étranger;

- Le cabinet de relations publiques français qui a représenté la Côte d'Ivoire (Image Sept) malgré les cas de torture et de répression des opposants politiques à la suite d'une guerre civile ;

- La société française 35 ° Nord qui a été embauchée pour redorer le blason en France du Président du Bénin, Boni Yayi, suite à sa tentative d'extradition de l'homme d'affaires Patrice Talon pour avoir fomenté un présumé complot d'assassinat;

“Faire disparaitre des personnes en pleine nuit, torturer des dissidents, tâcher la réputation de ses opposants, utiliser des esclaves et tuer des manifestants est la routine quotidienne des dictateurs et des criminels de guerre. Mais le fait qu'ils paient des entreprises européennes de relations publiques et des lobbyistes pour cacher leurs crimes, sans aucune forme de responsabilité, est une révélation honteuse sur l'état de la démocratie dans l'Union Européenne,” a indiqué l'auteur principal du rapport, Katharine Ainger.

“Ces études de cas montrent une nouvelle fois la necessité de registres de transparence obligatoires aux niveaux national et Européen."

Le rapport montre également comment le lobbying pour des gouvernements qui sont responsables de crimes de guerre ou de graves violations des droits de l'homme est en contradiction avec les divers codes de conduite de nombreuses entreprises de relations publiques.

Lien vers la publication: http://corporateeurope.org/pressreleases/2015/01/european-pr-firms-whitewashing-brutal-regimes-report